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Le système économique de Poolaland en 2200 est fondé sur l'idée que l'économie doit permettre à la société de fonctionner sans détruire les conditions matérielles de son existence.
Après les grandes transformations économiques et climatiques des XXIᵉ et XXIIᵉ siècles, la recherche de croissance matérielle illimitée a progressivement été remplacée par une logique de prospérité durable.
L'économie ne repose donc plus uniquement sur l'accumulation de capital financier. Elle cherche à organiser la production, les échanges et la répartition des ressources en tenant compte de plusieurs formes de richesse :
les ressources naturelles ;
l'énergie ;
le travail humain ;
les infrastructures ;
les connaissances ;
le temps disponible ;
les relations sociales ;
les écosystèmes.
La richesse d'une société ne se mesure ainsi plus uniquement à la quantité de biens et de services produits.
La monnaie reste un outil essentiel pour organiser les échanges.
Elle n'est cependant plus considérée comme une fin en soi.
Le système monétaire de Poolaland repose sur plusieurs niveaux complémentaires :
Une monnaie ou unité de compte internationale permet de faciliter les échanges entre les différentes régions du monde.
Elle sert notamment à :
comptabiliser les échanges internationaux ;
régler les importations et exportations ;
financer les grands projets internationaux ;
organiser certains transferts de ressources.
Son fonctionnement cherche à éviter les déséquilibres commerciaux permanents entre les régions du monde.
Les territoires disposent également de monnaies ou systèmes de crédit locaux.
Ils permettent de favoriser :
les échanges de proximité ;
les activités locales ;
la résilience des territoires ;
la circulation de la richesse au sein des communautés.
Les monnaies locales ne remplacent pas nécessairement la monnaie mondiale : elles fonctionnent avec elle.
Une transformation fondamentale du système économique est l'intégration du coût écologique dans les échanges.
Les ressources naturelles ne sont plus considérées comme gratuites simplement parce qu'elles sont disponibles dans la nature.
L'utilisation de :
l'énergie ;
de l'eau ;
des sols ;
des matières premières ;
des écosystèmes ;
de la capacité d'absorption du carbone ;
est intégrée dans les décisions économiques.
L'objectif n'est pas seulement de « taxer la pollution », mais de faire en sorte que les limites physiques de la planète deviennent une donnée normale du système économique.
Le carbone constitue une composante importante du système économique.
Les émissions de gaz à effet de serre sont comptabilisées et donnent lieu à des mécanismes économiques permettant de limiter leur accumulation dans l'atmosphère.
À l'inverse, les activités permettant de retirer durablement du carbone de l'atmosphère peuvent être rémunérées.
Le carbone devient ainsi une sorte de budget physique mondial.
La quantité de carbone disponible n'est pas déterminée par le marché : elle dépend des limites climatiques que la société accepte de respecter.
Le marché intervient ensuite dans la manière dont cette ressource limitée est répartie.
L'énergie constitue l'une des infrastructures fondamentales de l'économie.
En 2200, une part très importante de l'énergie provient de sources renouvelables et de systèmes de production décarbonés.
L'énergie reste cependant une ressource stratégique.
Son prix peut varier en fonction :
de la disponibilité ;
de la production locale ;
des infrastructures ;
des besoins des populations ;
des contraintes écologiques.
L'accès minimal à l'énergie est considéré comme une condition fondamentale de la vie sociale.
La production économique n'a plus pour objectif principal de produire toujours davantage.
Elle cherche plutôt à produire ce qui est nécessaire, utile ou désirable, avec le moins de ressources possible.
L'économie favorise notamment :
la durabilité des objets ;
la réparation ;
le réemploi ;
le recyclage ;
la mutualisation ;
la sobriété matérielle ;
la production locale lorsque celle-ci est pertinente.
Les entreprises continuent d'exister et peuvent réaliser des bénéfices.
Cependant, leur activité est soumise à des contraintes écologiques et sociales beaucoup plus fortes qu'au XXIᵉ siècle.
Les entreprises constituent toujours une forme importante d'organisation économique.
Elles peuvent être :
privées ;
coopératives ;
publiques ;
mixtes ;
détenues par leurs salariés ;
détenues collectivement par les habitants d'un territoire.
La propriété du capital n'est donc plus organisée autour d'un modèle unique.
Une entreprise peut avoir plusieurs catégories de propriétaires ou de parties prenantes.
Les salariés peuvent notamment participer aux décisions stratégiques.
Le travail n'est plus la seule manière reconnue de contribuer à la société.
L'économie distingue davantage :
le travail rémunéré ;
le travail domestique ;
le soin aux autres ;
l'éducation ;
le bénévolat ;
la création ;
la participation citoyenne.
La réduction progressive du temps de travail a permis de libérer une partie importante du temps humain.
Le temps disponible est devenu une forme de richesse en soi.
Une partie des besoins fondamentaux est garantie indépendamment du revenu.
Cela peut concerner notamment :
l'accès à l'eau ;
l'alimentation de base ;
le logement ;
l'énergie minimale ;
les soins ;
l'éducation ;
les transports essentiels ;
l'accès aux réseaux de communication.
Cette garantie constitue un socle économique commun.
Au-dessus de ce socle, les individus disposent toujours de revenus et peuvent consommer, épargner, entreprendre ou échanger librement.
Le marché n'a pas disparu.
Il reste un mécanisme extrêmement efficace pour coordonner une grande quantité de décisions individuelles.
Cependant, il n'est plus considéré comme capable de résoudre seul tous les problèmes économiques.
Certains domaines sont soumis à une régulation particulièrement forte lorsque les mécanismes du marché risquent de produire des conséquences incompatibles avec les objectifs collectifs.
Le système économique de Poolaland repose donc sur une combinaison :
marché + régulation + biens communs + services publics + coopération.
Certaines ressources sont considérées comme des biens communs.
Elles ne sont pas simplement la propriété de l'État ou d'entreprises privées.
Leur gestion est organisée collectivement.
Cela peut notamment concerner :
certaines ressources en eau ;
certaines terres ;
des infrastructures essentielles ;
des connaissances ;
certaines données ;
des ressources énergétiques ;
des écosystèmes.
La question centrale devient alors :
Qui a le droit d'utiliser une ressource et selon quelles règles ?
Le commerce mondial existe toujours, mais il est profondément transformé.
Les échanges internationaux sont organisés autour de plusieurs principes :
éviter les déséquilibres commerciaux excessifs ;
limiter les transports inutiles ;
intégrer les coûts environnementaux ;
garantir des conditions sociales minimales ;
permettre aux territoires pauvres de financer leur développement ;
favoriser la coopération plutôt que la compétition permanente.
Les territoires ne cherchent plus nécessairement à exporter davantage qu'ils n'importent.
L'objectif est plutôt de maintenir un équilibre économique mondial durable.
La redistribution constitue une composante normale du système économique.
Les territoires et individus disposant de ressources importantes contribuent davantage au financement des infrastructures et services collectifs.
Une partie des richesses est redistribuée :
entre individus ;
entre générations ;
entre territoires ;
entre pays ;
entre régions riches et régions pauvres.
La redistribution n'est pas considérée uniquement comme une politique sociale : elle est également un mécanisme permettant de maintenir la stabilité du système économique.
Le secteur financier existe toujours.
Cependant, la finance est beaucoup plus directement liée à l'économie réelle.
Les mécanismes purement spéculatifs sont fortement encadrés.
L'investissement est orienté vers :
les infrastructures ;
la transition énergétique ;
l'adaptation climatique ;
le logement ;
la recherche ;
les entreprises ;
la restauration des écosystèmes.
La finance reste capable de prendre des risques et de financer l'innovation, mais elle est considérée comme une infrastructure de l'économie, et non comme une économie autonome.
La connaissance constitue une richesse majeure.
Une grande partie des connaissances scientifiques, techniques et éducatives est accessible comme un bien commun.
Les systèmes économiques ont développé différentes manières de rémunérer :
la recherche ;
la création ;
l'invention ;
la transmission des connaissances.
L'objectif est de trouver un équilibre entre accès universel au savoir et rémunération de ceux qui produisent ce savoir.
À l'échelle de Poolaland, le système mondial est adapté aux réalités locales.
La ville possède notamment :
des infrastructures publiques ;
des entreprises privées et coopératives ;
des marchés locaux ;
des monnaies ou crédits locaux éventuels ;
des services publics ;
des systèmes de production alimentaire ;
des réseaux énergétiques ;
des systèmes de partage et de réparation.
Une partie importante de la richesse circule donc à l'intérieur de la ville.
L'objectif n'est cependant pas l'autonomie totale : Poolaland reste intégrée aux échanges régionaux et mondiaux.
Le système économique de Poolaland 2200 peut être résumé par une idée :
L'économie est un moyen d'organiser la prospérité humaine dans les limites du monde physique.
La question économique fondamentale n'est plus :
« Comment produire davantage ? »
mais plutôt :
« Comment permettre à chacun de vivre bien avec les ressources disponibles ? »
Plusieurs éléments du système restent à définir :
Quelle est exactement la monnaie mondiale ?
Existe-t-il une monnaie propre à Poolaland ?
Comment fonctionne concrètement le marché du carbone ?
Qui contrôle la quantité mondiale de carbone disponible ?
Existe-t-il une banque centrale mondiale ?
Comment sont financés les États ?
Comment fonctionne la fiscalité ?
Quelle est la place exacte des entreprises privées ?
Quelle richesse maximale un individu peut-il accumuler ?
Existe-t-il un revenu universel ?
Comment fonctionne la propriété immobilière ?
Comment sont gérées les terres agricoles ?
Comment fonctionne le système bancaire ?
Comment sont organisées les faillites ?
Quel est le rôle des cryptomonnaies ?
Comment sont rémunérés les artistes et créateurs ?
Comment fonctionne le commerce avec les territoires qui n'appliquent pas les mêmes règles ?
Quelle place occupe l'intelligence artificielle dans l'économie ?
Comment mesure-t-on la richesse et la prospérité ?
Concepts associés :
Climat
Carbone
Énergie
Travail
Monnaie
Finance
Biens communs
Gouvernance mondiale
Technologie
Intelligence artificielle
Institutions à créer :
Banque centrale mondiale
Institution mondiale du carbone
Fonds de solidarité mondiale
Institutions économiques de Poolaland
Arènes potentielles :
Banque centrale
Marché du carbone
Coopérative
Conseil municipal
Entreprise
Banque
Bourse
Marché local
Organisation internationale